L’Ecran fragmenté
Un article de Sherry Turkle, sociologue au MIT, publié dans Sociétés n°79, Janvier 2003.
http://www.cairn.info/search.php?fulltext=l'%C3%A9cran%20fragment%C3%A9
« Les ordinateurs influencent notre manière d’appréhender la vie et la pensée » (p.17). L’article met en valeur la manière dont l’interface homme-machine se devrait d’être pensé de manière rétroactive et non pas seulement dans son acceptation la plus pragmatique, de façon unilatérale.
En s’appuyant sur des exemples issus du monde des softwares et du web, l’auteur défend l’idée que l’expérience que nous faisons du cyberespace pourrait bien renouveler par exemple un concept tel que celui d’Identité en révélant comment l’individu (lat. individuum) s’exprime à travers un ordinateur de manière plurielle et multiforme.
Qu’il soit question d’animer son avatar sur Second life ou de manipuler les différentes fenêtres ouvertes sur son bureau il s’agit désormais, d’après Sherry Turkle, de jouer avec les différentes manifestations d’un « moi éclaté ».
Or, à la lecture de ce texte, j’en viens à penser que le transhumanisme tel qu’il existe aujourd’hui n’a peut-être pas pris toute la mesure d’une réflexion fondé d’abord sur le présent.
Autrement, dit, à trop se lancer dans des spéculations fragiles sur les modalités d’existence de l’être humain dans le futur, les transhumanistes donnent l’impression d’oublier, que nous sommes déjà en train d’interagir avec nos artefacts de manière profonde, intime, quasi symbiotique ; que finalement, nous sommes déjà des cyborgs.
Je me demande alors, si le concept de Posthumanité qui, à mes yeux, s’inscrit à la croisée d’une histoire des sciences, des techniques, des corps, des religions, des philosophies, ne trouverait pas son expression la plus aboutie non pas dans la science-fiction, la futurologie ou la prospective, mais dans notre technologie la plus quotidienne, dès aujourd’hui.
Savons-nous réellement ce qu’est un ordinateur ? Un écran ? Un clavier ? Un téléphone ? Un GPS ? Un baladeur mp3 ? On aura beau détailler leurs structures, leurs fonctionnements, leurs utilisations de la manière la plus précise que l’on voudra, on n’aura toujours pas compris ce qu’ils signifient, ce qu’ils sont.
Alors, cela ne vaudrait-il pas le coup de commencer par là ?

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