jeudi 7 juin 2007
mardi 5 juin 2007
Aubrey de Grey chez Google
Le gérontologiste anglais Aubrey de Grey invité au Google Tech Talk, le 29/05/07.
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lundi 4 juin 2007
Leica "Il fait corps avec vous"
"Un Leica, ce n'est pas seulement un appareil photo.
C'est un instrument au service de votre créativité.
C'est votre main et votre œil.
C'est une partie de vous-même."



"Les jumelles Leica ne sont pas seulement des jumelles.
Elles sont votre œil, mais en dix fois plus puissant.
Elles sont votre vue, même au crépuscule.
Elles sont une partie de vous-même."

http://www.leica-camera.fr/home/
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samedi 2 juin 2007
The Global Exploration Strategy: The Framework for Coordination

http://www.nasa.gov/home/hqnews/2007/may/HQ_07126_Exploration_Framework.html
Exprimer une vision partagée donc, un consensus, mais aussi répondre aux critiques en essayant de convaincre du bien-fondé d’une entreprise aussi gourmande en investissement humain et financier.
Le texte souligne ainsi les implications philosophiques et scientifiques en même temps que sociales, économiques et politiques ; aller sur la Lune, sur Mars voire au-delà, c’est se donner les moyens d’en apprendre plus sur la Terre et l’Univers tout autant que créer de nouvelles opportunités pour les entreprises ou encore renforcer les dynamiques partenariales entre pays.
“Space exploration is a global partnership in service of society. It will require both human endeavour and technological innovation and it will deliver new knowledge and commercial opportunity” (p.25)
Enfin, une ambition peut-être : donner à l’exploration spatiale ses lettres de noblesse, sa vraie grandeur, celle d’une aventure humaine partagée par tous.
“Space exploration is essential to humanity’s future. It can help answer fundamental questions such as: “Where did we come from?” “What is our place in the universe?” and “What is our destiny?” It can bring nations together in a common cause, reveal new knowledge, inspire young people and stimulate technical and commercial innovation on Earth. The Global Exploration Strategy is key to unlocking this door to the future”
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Les risques des nanotechnologies
http://www.canalu.fr/canalu/chainev2/utls/cycle_id//programme/1656023788/sequence_id//format_id/3003/
Une "dispute" intéressante sur le site de l'Université de tous les savoirs, entre les physiciens Claude Weisbuch et Claire Weill, le 17/10/06.
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jeudi 31 mai 2007
L’Amérique, les robots et le complexe de Frankenstein

Un article paru dans USA TODAY :
http://www.usatoday.com/tech/news/robotics/2007-05-31-robot-slow-acceptance_N.htm?csp=34
Les américains ne seraient pas encore près à accepter les robots ; la faute à une barrière mentale, en partie conditionnée par les films de science-fiction. Dans l’imaginaire collectif populaire américain, le robot tue, alors qu’en Asie, il est davantage perçu comme une figure familière et protectrice.
Dans ce cas, sans pour autant verser dans la conspirationnite aigue, ne pourrait-on pas voir dans l'évolution du statut du Terminator, de l'ennemi à l'ami, (dans la trilogie du même nom) comme dans l’arrivée sur les écrans de Transformers (sortie le 4 Juillet) où la menace robotique incarnée par les Decepticons est contrebalancée et – on peut le supposer, dans la grande tradition du Happy End – éliminée par le soutien des Autobots, un virage qui n’a rien d’innocent ?
Il faudra certes attendre encore quelques années avant de voir éventuellement se dessiner une trajectoire signifiante. Mais si ce changement de tendance dans les œuvres de science-fiction venait à se confirmer, posons l'hypothèse suivante : pourrait-il s'agir d'une sorte de stratégie marketing qui consiste à favoriser l’émergence d’un marché encore en gestation dans les laboratoires mais qui dors et déjà s’annonce prometteur?
Présenté de cette manière, un tel propos peut paraître légèrement tiré par les cheveux. Il conviendrait évidemment d' y ajouter un certain nombre d'informations relatifs à l'histoire du cinéma, à la psychologie sociale, aux méthodes de propagande et de désinformation, aux stratégies contemporaines de communication des grandes entreprises etc... et de croiser l'exemple cinématographique avec d'autres formes de médiation, chose que je compte faire au fur et à mesure de l'avancée de ce blog, conçu comme une sorte de "work in progress".
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mercredi 30 mai 2007
Bras bionique
Derrière la prothèse se trouve la notion de régénération ; derrière l'artificiel le désir mimétique du naturel.
Mais alors que la biomécatronique actuelle peine encore à reproduire les performances du bras biologique, la fiction semble avoir depuis toujours nourrit un imaginaire de la surperformance. Le membre perdu "repousse" mais encore plus résistant, plus puissant qu'auparavant : "ce qui ne me tue pas me rend plus fort".
Il y a là quelque chose qui relève de la mythologie mais je ne parviens pas à mettre précisément le doigt sur quoi ; je pense vaguement à Hercule, à l'Hydre, au Phénix, à la Salamandre...
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mardi 29 mai 2007
L’Ecran fragmenté
Un article de Sherry Turkle, sociologue au MIT, publié dans Sociétés n°79, Janvier 2003.
http://www.cairn.info/search.php?fulltext=l'%C3%A9cran%20fragment%C3%A9
« Les ordinateurs influencent notre manière d’appréhender la vie et la pensée » (p.17). L’article met en valeur la manière dont l’interface homme-machine se devrait d’être pensé de manière rétroactive et non pas seulement dans son acceptation la plus pragmatique, de façon unilatérale.
En s’appuyant sur des exemples issus du monde des softwares et du web, l’auteur défend l’idée que l’expérience que nous faisons du cyberespace pourrait bien renouveler par exemple un concept tel que celui d’Identité en révélant comment l’individu (lat. individuum) s’exprime à travers un ordinateur de manière plurielle et multiforme.
Qu’il soit question d’animer son avatar sur Second life ou de manipuler les différentes fenêtres ouvertes sur son bureau il s’agit désormais, d’après Sherry Turkle, de jouer avec les différentes manifestations d’un « moi éclaté ».
Or, à la lecture de ce texte, j’en viens à penser que le transhumanisme tel qu’il existe aujourd’hui n’a peut-être pas pris toute la mesure d’une réflexion fondé d’abord sur le présent.
Autrement, dit, à trop se lancer dans des spéculations fragiles sur les modalités d’existence de l’être humain dans le futur, les transhumanistes donnent l’impression d’oublier, que nous sommes déjà en train d’interagir avec nos artefacts de manière profonde, intime, quasi symbiotique ; que finalement, nous sommes déjà des cyborgs.
Je me demande alors, si le concept de Posthumanité qui, à mes yeux, s’inscrit à la croisée d’une histoire des sciences, des techniques, des corps, des religions, des philosophies, ne trouverait pas son expression la plus aboutie non pas dans la science-fiction, la futurologie ou la prospective, mais dans notre technologie la plus quotidienne, dès aujourd’hui.
Savons-nous réellement ce qu’est un ordinateur ? Un écran ? Un clavier ? Un téléphone ? Un GPS ? Un baladeur mp3 ? On aura beau détailler leurs structures, leurs fonctionnements, leurs utilisations de la manière la plus précise que l’on voudra, on n’aura toujours pas compris ce qu’ils signifient, ce qu’ils sont.
Alors, cela ne vaudrait-il pas le coup de commencer par là ?
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lundi 28 mai 2007
Z-Man

Le site de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency), agence qui prend en charge la R&D des nouvelles technologies militaires américaines, regorge de pistes pour alimenter les réflexions sur le transhumanisme. Un exemple, le programme Z-Man qui consiste à doter les soldats de capacités d’escalades qu’on osait attribuer jusque-là qu’à des héros de bande dessinée.
De manière générale, il y aurait beaucoup à dire sur les rapports existants entre les super-héros des comic books et les idéaux transhumanistes. J’essaierai de défricher le terrain au fur et à mesure.
“The Z-Man Program will develop climbing aids that will enable an individual soldier to scale vertical walls constructed of typical building materials without the need for ropes or ladders. The inspiration for these climbing aids is the technique by which geckos, spiders, and small animals scale vertical surfaces, that is, by using unique biological material systems that enable controllable adhesion using van der Waals forces or by hooking surface asperities. This program seeks to build synthetic versions of those material systems and then utilize them in a novel climbing aid optimized for use by humans. The overall goal of the program is to enable an individual soldier using dry adhesive climbing aides to scale a vertical surface at 0.5 m/s while carrying a combat load.”
http://www.darpa.mil/dso/thrust/matdev/zman.htm
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mercredi 23 mai 2007
Transformers
Hollywood et la Singularité. Après Terminator et Matrix, un nouveau blockbuster en puissance, reflet de l’excellente santé du paradigme « homme vs machine».
D’où nous vient ce besoin de nous projeter dans un rapport de force avec nos propres artefacts, dans lequel nous sommes systématiquement en situation d’infériorité ? Retour de flamme de notre morale judéo-chrétienne qui nous interdit la « connaissance du bien et du mal » ? (Car alors nous serions « comme des dieux » ? [Genèse III, 5]), ou simple exploration ludique du champ des possibles ?
Il est à noter que, si l’on s’en tient à la bande annonce, les Autobots et les Decepticons, sont présentés comme issus d’une civilisation extrahumaine. Par conséquent on pourrait objecter qu’il n’est pas question de Singularité au sens propre puisque l’homme n’est pas le créateur – même lointain – de ces robots. Pourtant, il suffit de prendre un peu de recul vis-à-vis du récit pour s’apercevoir que le cœur du sujet n’est pas la confrontation de l’humanité avec une civilisation extraterrestre mais bien notre civilisation homme-machine.
Quoiqu’il en soit, il faudra attendre le 4 juillet pour en savoir et en dire davantage.
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mardi 22 mai 2007
Warning signs for the future
Une création du philosophe et transhumaniste suédois Anders Sandberg.
Une signalétique traditionnelle de mise en garde face à un produit ou un outil dangereux. Mais à la différence d’aujourd’hui, le danger réside dans le fait que l’objet concerné possède une forme d’autonomie, de vie propre (« autonomous, self replicating / improving / evolving devices») ainsi que dans la reconnaissance du fait que l’homme ne peut en maîtriser les aspects et les caractéristiques (« chaotic system », « nanoparticle hazard », « non-standard space-time », « antimatter »…)
La menace n’est donc pas liée ici aux propriétés de l’objet lui-même mais à la part d’inconnu qu’il comporte.
En cela, la présentation d’Anders Sandberg met le doigt, non sans humour, sur un problème fondamental : quelles modalités de contrôle devrions-nous conserver sur nos créations alors même que la tendance actuelle des avancées technoscientifiques vise très clairement à conférer à nos artefacts de plus en plus d’autonomie, à littéralement leur donner vie ?
Comment concilier la nécessité d’un minimum de maîtrise sur nos créations avec l’évidence de leur émancipation ? Avec la Singularité comme nouvel horizon ?
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vendredi 18 mai 2007
Paul Laffoley (2)
(...) les deux figures les plus répétées dans la figuration utopique : le cercle et le carré. Alors que le cercle ou la sphère, même s'ils s'accompagnent d'ondes concentriques, supposent l'unicité parfaite d'un noyau, le carré contient, lui, d'autres carrés. Le carré suppose la division et le multiple. Il en est de même pour son avatar, le rectangle.
Visuellement, le carré exprime l'égalité. Il est la case. Il prend en compte le nombre identique, répété. Il n'est pas un encodage numérique à l'alternance idoine 0/1, il est un module parfait multiplié. (...) Il est à cet égard significatif d'observer à nouveau les liens puissants entre la géométrie, l'architecture et l 'utopie. L'utopie formant une construction idéale de la société, elle est exprimé à travers la correction "parfaite" de la nature grâce à la main humaine, c'est-à-dire la construction par le savoir mathématique d'éléments aux propriétés "hors de l'observation".
(...) L'utopie se veut un aboutissement pour la fin des temps dont le modèle reste conceptuel. (...)
Il existe, disons-le, un hiatus constant entre l'opinion commune - confondant l'utopie et le rêve, l'imaginaire, le coq-à-l'âne surréaliste - et les figurations réelles ou projetées des sociétés à visée utopiques, c'est-à-dire prétendant constituer une fin de l'histoire, un aboutissement, un non-devenir. L'utopie se forge exactement aux antipodes des principes de l'évolution, elle est anti-darwinienne."
Laurent Gervereau, "Une faillite symbolique : l'utopie face à ses représentations, in L'Utopie. La quête de la société idéale en occident, (dir. Lyam Tower Sargent et Roland Schaer), Paris, Fayard-BNF, 2000, p. 347-348
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samedi 12 mai 2007
The Human Element
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mardi 8 mai 2007
Paul Laffoley
Paul Laffoley est un original.
Je ne m'attarderais pas sur l’implant (extraterrestre) retrouvé dans le lobe occipital de son cerveau en 1992 ou encore, plus récemment, sur sa tentative d’exorciser le démon logé dans une de ses jambes cassée après un accident, car ce qui m'intéresse ici, chez cet ancien architecte devenu peintre, ce sont avant tout ses toiles et ce qu’elles nous disent, à leur manière, sur la posthumanité.
En tout état de cause, ce qui frappe en premier lieu dans son œuvre, c’est la forme. Des plans, des diagrammes, des schémas, des mesures, des gradients, des taux, des flèches, des cercles, des triangles, des cases, des colonnes… Rien de flou dans ces compositions. Le hasard n’y a pas sa place. Les traits sont fins, précis, exacts, les couleurs souvent vives, opaques ou transparentes ; enfin on y trouve, au détour d’une courbe ou d’un angle, des mots, des phrases, des explications, des descriptions. C’est dire si tout cela sert un propos.

En fait de propos, ce qui anime ces toiles ressemble davantage à une vision. Si la composante mystique qui s’exprime à travers l’utilisation de toute une symbolique héritée de traditions religieuses diverses, occultistes, alchimiques ou encore kabbalistiques, est clairement présente dès ses premiers travaux, celle-ci s’est trouvée progressivement couplée à des éléments empruntés à un imaginaire technologique.
On commence alors à saisir une vue d’ensemble. Et si finalement toute cette géométrie n’avait d’autre but que d’encadrer une vision par nature débordante et fuyante ? Tout l’art du peintre aura alors été de canaliser puis de déposer sur le canevas de la manière la plus concise possible une perception du monde tel qu’il est et tel qu’il pourrait être ; donner une rationalité à l’irrationnel, une forme à l’informe, une matière à l’éther.

Machines à voyager dans le temps (The GEOCHRONMECHANE, The Earth Flower), moteurs organiques, maisons biologiques qui poussent toutes seules (Das Urpflanze Haus), technologies aux noms improbables, SOLITRON, LEVOGYRE, THANATON, il y a dans l’œuvre de Paul Laffoley comme le désir de représenter sous une forme par nous admissible, un savoir venu d’ailleurs, du fin fond du cosmos, du futur ; expériences d’une mise en transcendance et d’un message à transmettre.
Ses tableaux comme autant de « blueprints » pour construire un avenir aux allures de rêveries d’ingénieur élevé avec Isaac Asimov et Philip K. Dick. Des tableaux comme des catalyseurs, des modules de contemplation, mais d’abord des plans, des schémas, des indications pour agir, bref, des fenêtres outillées sur un futur qu’il nous appartient de bâtir en toute humilité au sein d’un univers dont on nous donne à voir en même temps la toute-puissance occulte.

L’œuvre de Paul Laffoley présente toutes les caractéristiques d’une hybridité maîtrisée, au service d’une vision mutante en pleine résonance avec les bouleversements de la deuxième moitié du XXème siècle dont la cyberculture – auquel je rattache notre homme – s’est fait l’un des creusets.
Des tableaux comme de grands paradoxes en couleur où les rêves de la Science-fiction la plus contemporaine côtoient les enseignements d’une mystique venue du fond des âges. Et si c’était cela aussi la posthumanité ?
http://laffoley.com/index2.html
http://www.myspace.com/paullaffoley
http://www.laffoleyarchive.com/
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mardi 24 avril 2007
Transhumanisme et/ou Posthumanisme ?
La plupart du temps, ces deux termes sont utilisés sans distinction particulière pour désigner un peu vaguement un projet de prise en charge de l’être humain par lui-même en vue de le faire accéder, au moyen des possibilités offertes par les nouvelles technologies, au stade supérieur de l’évolution de l’espèce.
Or, il se trouve qu’ils renvoient l’un et l’autre à des notions différentes, autour desquelles il n’y a d’ailleurs pas de consensus. Je me propose ici non pas d’établir leurs définitions respectives mais bien plutôt de discuter du jeu sémantique qui existe entre elles.
Retour aux origines
On fait traditionnellement remonter la première apparition du terme « transhumanisme » à 1957, sous la plume du biologiste américain Julian Huxley. A cette époque il désigne une philosophie qui souligne le devoir de l’être humain de prendre en charge son destin évolutif en transcendant les limites biologiques qui lui ont été imposées par la nature.
Trois ans plus tard, le mot « cyborg » (pour « cybernetic organism ») voit le jour, à l’initiative de deux ingénieurs, Manfred Clynes et Natahan Kline, travaillant pour la Nasa sur de nouvelles modalités de communication symbiotiques entre l’homme et les machines dans la perspective de l’exploration spatiale et de la survie de l’humain en milieu hostile.
En 1966, le futurologue F. M. Esfandiary dit « F. M. 2030 », semble avoir récupéré ce double héritage en appelant « transhumain », « l’homme en transition » qui a pris acte de l’importance croissante que la technologie allait jouer à l’avenir et réalisé qu’il s’agissait de s’en emparer pour s’élever au stade suivant de l’évolution de l’espèce qui allait réclamer que nous quittions notre planète pour aller essaimer dans le cosmos.
Quelques ouvrages grand public permettent à ces idées de se répandre au cours des années 1960 et 1970 alors que les premiers vrais rassemblements transhumanistes ont lieu au début des années 1980 dans les milieux universitaires californiens. A ce moment là, les transhumanistes se définissent eux-mêmes comme adeptes du transhumanisme. Le champ conceptuel aura ainsi précédé d’une vingtaine d’années la dimension sociale du courant.
Le cœur du problème
C’est avec la définition actuelle la plus répandue du transhumanisme, développée par le philosophe Max More, en 1990, et reprise à quelques nuances près huit ans plus tard par les fondateurs de la WTA (World Transhumanist association), Nick Bostrom et David Pearce, que se clarifie ma problématique.
M. More : “ Transhumanism is a class of philosophies that seek to guide us towards a posthuman condition .”
N. Bostrom : “The term « transhuman » denotes transitional beings, or moderately enhanced humans, whose capacities would be somewhere between those of unaugmented humans and full-blown posthumans.”
Il apparaît donc, que les modalités du nouvel humanisme, « trans » et « post » s’éclairent l’une l’autre en créant des liens d’interdépendance sémantique : le transhumanisme consisterait, au jour d’aujourd’hui, en un courant de pensée sur une étape transitoire qu’il s’agirait de mener en vue d’atteindre au posthumain ; mais dans le même temps, on constate que la posthumanité ne se définit pas autrement que par le stade de l’évolution de l’espèce humaine dont le transhumanisme fait la promotion.
Or, si ces deux derniers termes mettent bien d’eux-mêmes en valeur le rapport qui les unit, que peut bien signifier le « posthumanisme », dont il n’est nullement question ici ?
Pour autant que j'ai pu le constater, au sein de la mouvance transhumaniste, le terme de « posthumanisme » n’est en fait jamais utilisé. Nous avons effectivement vérifié que la confusion courante qui consiste à utiliser « posthumanisme » pour parler de transhumanisme, est systématiquement le fait de personnes extérieures au mouvement.
Par ailleurs, le posthumanisme n’est pas seulement usité comme synonyme de convenance, mais sert également à qualifier véritablement un champ philosophique, à identifier une nuance conceptuelle du transhumanisme. Ainsi, pour certains, le transhumanisme serait-il englobé dans le posthumanisme, comprit comme un courant de pensée inspiré de la critique postmoderne de l’humanisme classique, et en constituerait une composante radicale.
Et alors ?
Tout ne serait donc qu’une affaire de point de vue. Pour les transhumanistes, le « posthumain » est un avant tout un état à atteindre, un objectif concret, alors qu’en revanche, pour les personnes qui y sont extérieures, il est un objet d’étude, une abstraction conceptuelle.
Ce que révèle donc ma petite enquête, c’est que l’apparition de la dénomination de « posthumanisme » (que je n'ai pu ni dater ni sourcer précisément mais que j'estime assez récente) coïncide avec l’intérêt croissant accordé par les personnes extérieures au mouvement à ces questions et matérialise surtout leur appropriation conceptuelle du phénomène.
A mes yeux, et c’est là la donnée principale du jeu sémantique entre les deux termes, celui de posthumanisme a donc ceci de particulier, qu’il marque d’un amer important l’apprivoisement de l’idéologie transhumaniste par les non initiés et par conséquent, une étape assurément discrète mais non négligeable, de son expansion.
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J.
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